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[Récit] Chroniques des Féals

 
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Arthur


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MessagePosté le: Lun 8 Jan - 21:55 (2018)    Sujet du message: [Récit] Chroniques des Féals Répondre en citant

Prélude  


Toute votre vie, vous avez eu l’impression que les choses n’étaient pas ce qu’elles semblent être. Que derrière la surface visible du M’Onde, se cachait une autre réalité indicible et invisible, influant subtilement sur la réalité. Peut être étaient-ce des ombres qui n’étaient pas où elles devaient être, ou bien des êtres autrefois aimés que tout le monde semblait mystérieusement avoir oublié. Vous êtes vous toujours consacrés à la recherche et à la découverte de cette réalité cachée ? Ou bien avez-vous continué votre vie comme si de rien n’était, occultant ces fariboles dénuées de bon sens ? Peut importe après tout, car la vérité vous est bientôt apparue, aussi clairement que brutalement. Le Néant s’est emparé de vous, instillant la marque de sa béance dans votre corps, votre esprit, ou votre âme. Mais pourtant, vous avez résisté à l’appel de l’abime, compensant la béance du Trauma par une nouvelle fuite en avant, et une communion plus rapide et plus spirituelle avec les Féals. Désormais vous ressentez le besoin irrépressible d’échapper au Néant. Des hallucinations toujours plus prégnantes vous font ressentir cette soif de trouver vos pairs, ceux qui ont été initiés par le Néant et y ont survécu. Guidés par ces rêves obsédants et en quête de réponse à vos questions, vous vous dirigez à présent vers la Cité-bibliothèque de Phalène, persuadés que c’est là que votre destin qui attends.   




  


Dernière édition par Arthur le Mer 24 Jan - 17:05 (2018); édité 2 fois
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MessagePosté le: Lun 8 Jan - 21:55 (2018)    Sujet du message: Publicité

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Arthur


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MessagePosté le: Mar 9 Jan - 22:44 (2018)    Sujet du message: [Récit] Chroniques des Féals Répondre en citant



Phalène


Géographie

Phalène est une antique Cité côtière de Chimérie. Contre vents et marées, elle dresse ses antiques piliers dans l’estuaire du fleuve Foror. Depuis ses toits, on distingue les îles des baronnies d’Aran, ancienne marche grifféenne. Bâtie sur une tourbière, la ville élève vers le ciel ses merveilles d’architectures mêlées d’influences chimériennes, draguéennes et grifféennes. Afin de préserver la Cité, ses premiers habitants ont érigé des piliers de pierre reliés par des voûtes et soutenant une gigantesque dalle, qui abrite le collegium, l’une des plus grandes bibliothèques du M’Onde. D’autres quartiers sont bâtis aux alentours, à l’ombre de la dalle, le long des piliers, puis en s’étalant vers la tourbière et le fleuve. Le territoire extrêmement réduit a poussé ses bâtisseurs à entasser les maisons les unes sur les autres, faisant de la ville une pyramide de masures percées de traboules et d’étales.

Histoire

Fondée au VIe siècle par la légendaire Sylène aux yeux d’argents, Phalène est une colonie chimérienne à la frontière de l’empire de Griffe. La légende raconte que, refusant de se donner au margrave qui avait pris la cité, se jeta du haut de la dalle du collegium. On dit que son corps se mêla à la tourbe et que son esprit hante encore les ruelles et les traboules. Fou de rage, le margrave envahit les îles d’Aran, déclenchant une série de guerres avec la Griffe. De 664 à 806, Phalène retomba sous le joug du griffon, ce qui explique l’omniprésence de l’architecture grifféenne dans le collegium. Après sa libération, les comtesses chimériennes prirent soin de préserver le lien mystérieux entre Phalène et les livres, fondant l’ordre des geôliers-copistes qui ont depuis assuré la prospérité de la Cité.

Economie

Phalène profite avantageusement de sa position côtière pour faire du commerce actif avec les Tarasque. La Cité est en effet sur la route d’Alectre, une des plus importantes Cités taraséenne, dont le passage annuel assure une bonne part du commerce de la Chimérie avec le reste du M’Onde et fait fructifier le lucratif commerce de d’ouvrages rares et de vélins réputés dans le M’onde entier. Toute une noblesse d’octroi, issue de la riche bourgeoisie commerçante, s’est ainsi développé aux marches du collegium. On dit que la ville regorgerait également d’ouvrages sur la lutte contre la charogne et le Néant, mais les geôliers-copistes prennent soin de préserver le monde de ces secrets en séquestrant les livres les plus dangereux.

Politique

La ville est un comtat dirigé par Dame Sepia, seule véritable maîtresse de ces lieux. En dehors de son pouvoir, plusieurs grandes familles sont parvenues à se hisser au sommet de la pyramide sociale :

* Les Plissordes ont fait fortune dans la reliure ont de juteux contrats avec Alectre. Le maître de maison, Elbert, espère que son fils Vlar prendra sa place. Il l’a marié à Elviale de Muril afin que leurs deux familles dominent la bourgeoisie.
* Les Muril sont sur le déclin. Dirigés par Nomelle, la veuve Muril, elle espère relancer son commerce de vélins. Nomelle a tout fait pour marier sa fille unique à un Plissorde afin de profiter des contacts de sa belle-famille.
* Les Seblan sont une parentelle taraséenne intégrée à la bourgeoisie locale. Elle lorgne depuis longtemps sur les Plissorde et n’a pas longtemps l’intension de laisser passer cette belle affaire.

Particularités

Le marché flottant se tient une semaine par an tandis qu'Alectre remonte l'embouchure du Fonor. Carnaval et foire aux livres battent alors leur plein, attirant les geôliers-copistes soucieux d'enfermer davantage d'ouvrages.

Le val zogroth de Phalène s'est installé dans le quartier des pourlures, sous la dalle du collegium. Ses rues ne voient quasiment jamais le jour et sont couvertes de mousses tandis que les maisons s'enfoncent doucement dans la tourbe, de nouveaux étages étant régulièrement construit.

La ville tire son nom des phalènes draguéennes employée comme principale source de lumière. En effet aucune flamme ne peut être allumée à Phalène et tout les feux s'éteignent mystérieusement. La nourriture y est donc consommée crue ou séchée.



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Arthur


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MessagePosté le: Dim 14 Jan - 22:53 (2018)    Sujet du message: [Récit] Chroniques des Féals Répondre en citant



Du lierre dans la Cité

Arrivés à Phalène pour des raisons différentes, chacun d'entre vous profite du temps qu'il reste avant l'arrivée d'Alectre. La ville, en plein préparatif pour la foire, est agitée d'une foule pressée et besogneuse. La ville se remplit d'une foule bigarrée venue juste pour l'occasion, les rues se couvrent d'étales de relieurs et de parcheminiers, tandis que de grosses matrones grifféréennes hèlent les badauds. Arrivé récemment avec sa muezzin le coruscant Péhiel, même la présence d'une licorne ne semble pas engendré plus d'émotions que ça, passé la surprise de circonstance. Et tandis qu'il s'esbroufe face à l'étroitesse des rues, d'autres font découvrir à leurs amis les merveilles phalènes, dont la fameuse place des lampions et la non moins célèbre maison des flammes froides, tenue par la maquerelle cliquetante. Mais dans toute cette agitation qui précède les grandes réjouissances, personne ne semble voir le mystérieux lierre métallique, surgit de nulle part, qui grimpe le long des murs de la Cité et particulièrement sur les piliers qui soutiennent sa dalle.

La mort vient du ciel

Soudain, un cri retentit et un cadavre tombe littéralement du ciel. Ses vêtements déchirés, couverts de sang, et ayant une forte odeur d'urine, sont visiblement ceux d'un notable, et il ne fait aucun doute qu'il est tombé du collegium. Son corps est maculé d'une multitude de petites griffures et morsures. Il ne possède quasiment rien sur lui : une chaîne en or, quelques documents d'archives aux pages arrachées et illisibles, et un sceau représentant un [PL] dans un livre.

Alors que la milice conclut promptement à un suicide, les personnages se rassemblent pour poursuivre l'enquête. Poussé par un étrange sentiment de proximité et l’angoisse face à ce lierre qui se développe et que nul ne semble voir à part eux, ils commencent à recueillir les petits bruits de la vie phalénoise. L’enquête du voisinage ne donne pas grand-chose. L’identité du mort est confirmée : Dredis, un érudit taciturne et réputé, travaillant souvent pour le compte d’une grande maison bourgeoise, mais sans guère d’informations supplémentaires, les habitants rejetant au contraire les mimétiques à l’apparence trop étrange pour eux.

La Cour impériale

Soudain, une matrone se met à hurler que Dredis a été tué parce qu’il allait devenir Prince de la ville. Interrogée elle informe que l’érudit se rendait régulièrement auprès de l’empereur de Phalène, Vernos, et conseille à ceux qui l’écoute d’aller le rencontrer dans le quartier des pourlures, sous la dalle du Collegium. Là-bas, sous le couvert d’une traboule, sur une péniche errant dans un canal boueux, « l’empereur » Vernos reçoit ses invités. Visiblement animé par une énergie mystique, cette parodie de seigneur, à la tenue mitée et accompagné de marquis et chevalier aussi pouilleux que lui, pose plusieurs questions, promettant de sacrer prince de la ville ceux qui parviendraient à y répondre :

- « Qui est vraiment la maquerelle cliquetante ? »
- « Quel pilier mène de la ville à la ville ? »
- « Quelle flamme ne peut jamais s’éteindre ? »

Tout en jurant que la réponse à ces questions permettra de comprendre ce qui menace sa ville, Vernos ne donne aucune autre information et disparaît sur sa péniche, engloutit par le quartier.

La danse du Néant

Alors que les quatre personnages quittent Vernos et les bas-quartiers, la nuit commence à tomber et chacun rentre chez lui. Invités par Neroisse à passer la nuit dans sa modeste demeure, une interrogation surgit soudain : où sont donc les autres ? L’espace d’un instant on les a simplement oubliés. Lorsqu'on les retrouve, les deux mimétiques sont hagards. Si Péhiel se remet rapidement de sa rencontre, Méandro semble sérieusement atteint par la danse effrénée qu'il vient de mener avec le néant. Ses mains tremblent et il ne murmurent plus que quelques phrases à peine audibles "Elle avait l'air si triste... trahie... la fille perdue". Sur les toits de Phalène, les pierres ont l'air un peu plus usées et le lierre s'étend encore davantage, tandis qu'on aperçoit le battement d'ailes de dizaines de papillons.
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Arthur


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MessagePosté le: Mer 24 Jan - 15:56 (2018)    Sujet du message: [Récit] Chroniques des Féals Répondre en citant

Comme un aspiks dans la fosse

Tous les bons conteurs vous le diront : il n'y a pas de bonne histoire sans un élément perturbateur qui vient modifier l'aventure des héros. Et pour cet élément perturbateur, quoi de mieux qu'un Aspiks ? Ça tombe bien car on en a un sous la main. Alors que tout le monde n'aspire plus qu'à une nuit de sommeil calme et reposante après les derniers événements, le voilà qui sort de son trou, se glissant guidé par son instinct vers les ennuis. Traumatisé,  effrayé, blessé dans son âme, il ne trouve rien de mieux à faire qu'aller quêter chez les voisins pour boire chez eux, attendant on se sait quoi uniquement pour que l'histoire se tourne vers lui. Est-ce son état un peu pathétique ou ses paroles mielleuses ? En tout cas la gouvernante de la charmante garçonnière de la place des lampions l'accueille chez elle et l'invite à boire. D'ailleurs elle en a gros sur la conscience elle aussi. Et tandis qu'il lui parle de sa danse effrénée, elle lui raconte ses propres misères l'alcool aidant : comment son maître a aménagé cette maison discrètement, qu'il en profite pour violer sa femme, et qu'il y invite même ses futurs partenaires commerciaux pour signer des contrats. Lorsque le reste de la fratrie arrive, elle trouve un aspik en grande conversation avec une gouvernante passablement éméchée, et décide qu'il est temps d'arrêter de le laisser tirer toute la couverture. Mais en repartant, ils constatent la présence de plusieurs sceaux identiques à celui trouvé sur le cadavre de Dredis. Après quelques investigations, l'identité de la famille apparaît enfin : il s'agit des Plissordes, riches familles de relieurs phalénois, qui organisent par ailleurs une fête en l’honneur de leurs partenaires commerciaux le lendemain.

Vers le collegium

Désireux d’enquêter  sur la mort de Dredis autant que percer les secrets de Phalène, les personnages décident de se rendre vers le collegium. Si certains commencent à s’inventer une fausse histoire de riche prince marchand en visite sur les lieux, d’autres préfèrent user de leur véritable influence.  Faisant prévaloir son lignage, Kerrelle obtient une audience officielle auprès la comtesse de la ville. Séduite par la stature de la jeune duchesse, et visiblement inquiète autant que dubitative face à l’annonce du lierre qui grandirait dans sa ville, cette dernière lui offre un octroi pour se rendre au collegium. Sur place, le document fait son effet, mais n’ouvre guère l’amabilité des geôliers copistes. Un jeune conservateur, celui-là même  qui avait accompagné Dredis lors de sa précédente visite, est chargé d’accompagné le groupe autant que le surveiller. Si une forte agitation et d’anciennes querelles semblent exister dans ces lieux de savoir, le geôlier refuse d’en dire plus et emmène ses visiteurs aux archives de la ville.

Là-bas, les aventuriers trouvent l’établi où a travaillé Dredis avant sa mort. Ils constatent notamment que ce dernier a falsifié les archives familiales des Plissordes pour faciliter le mariage entre Wlar, l’héritier de la famille, et Elviale de Muril. Mais Dredis semblait également s’intéresser de près au pilier comtal, situé sous la faculté des langues ophidiennes. Pendant ce temps, un groupe descend étudier l'histoire de Phalène et découvrent ce qu’ils avaient déjà entendu auparavant : que la ville a été fondée au Vie siècle, conquise par des chimériens, puis des grifféens, avant de retomber dans les mains des léordes. Ils lisent une fois de plus l’histoire de Scylène aux yeux d’argent qui s’est jeté dans la Fournol, mais plusieurs détails ne collent pas : la ville semble avoir grandi  à peine depuis sa fondation, et sur tous les plans le collegium est présent. De plus, les plus vieilles archives mentionnent la présence de la maison des flammes froides et de la maquerelle cliquetante, tout comme ses étranges yeux argentés. Il semblerait que Scylène et la maquerelle ne soit finalement qu'une seule et même personne. Tout cela fait craindre quelque chose de plus étrange que les affrontements entre savants et les rats qui courent entre les murs. 



Des rats dans les murs

Une partie des personnages décident de se rendre à la faculté des langues ophidiennes, tandis que d’autres souhaitent visiter la tour des rigoureux agonistes, mathématiciens charognard s’intéressant à la conceptualisation arithmétique du néant. Mais, alors qu’ils traversent la rue entre deux facultés, les personnages se retrouvent au cœur du conflit du collegium. Des exergues exacts attaquent la faculté de lettre, à l’aide de lourde machine bricolés dans leurs ateliers. Les personnages se rangent au côté des lettrés, tuant même le doyen dans un glissement de lame aspik. Chaudement remerciés par les linguistes qui leur expliquent que les exergues cherchent à effacer les livres précieux détenus dans la faculté, ils se rendent finalement tous les cinq à la faculté des langues ophidiennes pour étudier le fameux pilier. A côté de ce dernier, ils découvrent deux peaux humaines sentant une forte odeur d'urine. En examinant le pilier, ils se rendent compte qu'il descend dans les profondeur de la tourbe, mais impossible d'en savoir plus. Au fait, où es passée Julia ?
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Arthur


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MessagePosté le: Mer 31 Jan - 21:34 (2018)    Sujet du message: [Récit] Chroniques des Féals Répondre en citant

Dans les cryptes

Julia était ailleurs, on l’avait oublié. Elle-même ne savait plus vraiment où elle était. Quelque part sous terre, au milieu des catacombes, mais où exactement ? Elle ne se souvenait même plus comment elle était entrée ici. Mais à l’intérieur du dédale, quelque chose l’attirait viscéralement. Au milieu d’une grande pièce circulaire, au centre de laquelle trônait un puit sans âge d’où émanait un antique souffle nécropole, se trouvait les geôles des livres les plus rares et les plus dangereux de Phalène : ceux de l’ancien monastère draguéen.
L’un d’eux semblait s’adressait directement à son esprit. Il portait un nom : le Malfénon, et traitait de l’essence du Néant, proposant même à son lecteur de s’adresser directement aux Hideuses puissances. L’esprit de plus en plus absorbé par les lignes du livre, Julia ne vit les formes sépulcrales des magistrats que trop tard. Rouée de coups, laissée quasiment morte par les anciens gardes des sceaux, son sort promettait d’être scellé. Mais le livre susurrait des mots à ses oreilles. « Effacer » fut celui qui vint à ses lèvres, et les siècles qu’avaient connus les merveilles draguéennes ne furent bientôt plus rien.
Blessé, Julia tenta de s’enfuir des catacombes, mais les mots du livre marquaient encore son esprit, l’empêchant de trouver sa route dans le labyrinthe de poussière et d’ossement. Enfin elle surgit de la tourbe, blessée et hagard, et fut finalement recueilli par les membres de la fratrie. Là, son agonie dura toute la nuit, avant de trépasser sous les yeux de ceux qu’elle avait autrefois aidé dans leur deuil.
Mais une fois de plus, le miracle du phénix s’accomplit, et Julia revint de ses cendres, la souillure du néant effacée par l’abseste et les flammes du féals.

Les réponses aux énigmes

Après avoir à leur tour explorer les cryptes et découvert le mystère entourant la Cité, la fratrie retourna auprès de Vernos, qui les gratifia de son plus beau sourire. Oui, la ville est plus vieille qu’elle en l’air : L’ancienne Cité draguéenne se trouve encore enfouie sous la dalle du monastère, mais la flamme de la vérité ne peut jamais s’éteindre, et le souffle nécropole du dragon oublié continue d’alimenter sa mémoire en veillant à ce que les derniers témoins de cette époque ne s’éteignent jamais. La maquerelle cliquetante n’est autre que Scylène, l’ancienne maîtresse de la Cité au temps où elle était encore un monastère dragué.
Félicitant les nouveaux princes des traboules, Vernos leur annonce pourtant qu’un mal identique à celui qui a frappé la Cité il y a des siècles la menace de nouveau. Le dragon de ne s’est pas réveillé, son souffle toujours prisonnier de la crypte et des magistrats, mais l’Oubli s’est trouvé un nouvel avatar. Chaque nuit la fille perdue danse sur les toits et le lierre de fer se développe, tandis que des papillons des tombes naissent de chacun de ses pleurs. Bientôt la ville sombrera dans l’oubli et sa mémoire avec elle.
Les animaux semblent déjà l’avoir abandonné, et seuls les rats sont restés. Adoptant un comportement étrange, ils semblent se concentré sur les toits de la haute ville et de la place des lampions. Vernos confirme qu’un mystérieux roi des rats les contrôle et il présent qu’il pourrait bien être la clef de la solution pour sauver la ville.

Les secrets de Phalène

« La première Phalène était un monastère draguéen. A cette époque, les dragons étaient encore synonymes de savoir absolu qu’il partageait avec les hommes, et l’un d’eux s’était installé dans la tourbe qui le protégeait de la lumière, attirant à lui des fidèles avec qui partager ses connaissances. Hélas, l’oubli s’empara de Phalène, de son féals, de son disciple. Séparés de leur lignée et oubliés du M’Onde, ils ne participèrent pas au replis draguéen. Ils brisèrent le secret et firent soutenir par leurs tours une dalle projetant une ombre sous laquelle le dragon pourrait trôner nuit et jour parmi ses fidèles aliénés. On prétend que, ensemble, ils partageaient des savoirs impies insufflés par le néant. »
Lorsque les gardes des sceaux commencèrent à purger les draguéens de l’oubli, ils redécouvrirent Phalène. Au cours d’une nuit des ombres, le dragon oublié et ses moines furent massacrés, et leurs meurtrières se suicidèrent à leur tour pour éviter toute contagion. Il ne resta plus que le souffle nécropole du dragon, mémoire fossilisée dans les entrailles du monastère, animant ses meurtriers pour qu’ils lui servent de gardien pour l’éternité. Un nouvel ordre dont sont issus les geôliers-copistes s’installa dans la Cité, son unique but étant désormais de préserver les lieux pour que rien n’en sorte à jamais.
Puis vinrent les chimériens. Entre le 5e et le 6e siècle, les léordes s’emparèrent de la ville. Les archives draguéennes représentaient un danger pour eux. Ils mirent à sac les vestiges du peuple dragon et écrivirent une nouvelle histoire, plus en adéquation avec leur vision. J’ai souhaité la mort cette nuit, au milieu de mes fidèles agonisants. Mais il fallait quelqu’un pour protéger la mémoire des dragons contre l’oubli. Je restais ainsi, gardienne de la mémoire secrète de la ville rendue immortelle par le souffle fossile du dragon »

Ainsi parla Scylène, prisonnière de son portique de fer qui la maintient en vie, véritable gardienne de la mémoire de la vie. La maquerelle cliquetante sait beaucoup de choses. Elle confirme que la fille perdue est quelque chose de nouveau, qui n'a rien à voir avec l'ancien dragon oublié. Elle sait également que Wlar a loué un bâtiment place des lampions et y prostitue sa femme, mais elle ne sait pas pourquoi ni quel rapport avec les meurtres de notables qui ont eu lieu depuis plusieurs semaines.
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Arthur


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MessagePosté le: Mer 7 Fév - 19:37 (2018)    Sujet du message: [Récit] Chroniques des Féals Répondre en citant

Le banquet

Inconscients de la menace qui pèse sur leur ville, les Plissorde organise un grand banquet pour célébrer l’arrivée du carnaval et préparer les futurs accords avec les parentèles taraséennes. Le patriarche de la maison trône entouré de ses deux fils, Wlar et Jerl, tandis qu’il est en grande conversation avec un représentant des Seblan. Chacun vient faire ses présentations et les personnages qui arrivent au compte-goutte n’échappe pas à la règle. La demeure est excessivement remplie. Des notables de toute la ville se sont pressés au banquet et la maison est solidement gardée. Chacun tente une approche différente. Kérelle tente de s’approcher d’Eliviale et de sa mère, Néroisse glane des informations et passe de petits mots aux servantes, et à Julia elle s’approche du jeune frère qu’elle a bien l’intension de faire succomber à ses charmes. Quant à Laïla, elle préfère encore rester dehors tant cette foule cosmopolite l’insupporte et s’inquiète d’une curieuse présence qui semble roder autour de la maison.

A l’intérieur, l’ambiance est joviale mais ne trompe pas les personnages. Si Wlar se tient avec son groupe d’ami, il leur apparaît clairement comme le débauché brutal qu’il est, alors que sa femme semble totalement effacée, comme si elle acceptait pleinement son triste sort sans espoir de rédemption. Une domestique apprend à Néroisse qu’elle découche régulièrement et a déjà pris plusieurs des substances illicites pour la faire avorter. Pendant ce temps la piste de Jerl s’avère d’une tout autre nature. Le jeune homme effacé est secrètement amoureux de sa belle sœur et déteste son frère pour ce qu’il lui fait subir, mais il a trop peur pour agir. Transcendée par le fiel, Julia agit directement sur ces sentiments et réveille la flamme de la passion qui est en lui.

La terre tremble

Soudain, il entre. Telle une véritable légende qui prend vie, Méandro entre dans la fête, incarnant plus qu’il ne le joue le personnage de riche marchand qu’il a lui créé de toute pièce. Et soudain, tous sont sous son charme, admirant les voiles lascifs de l’aspik pendus à sa langue bifide. Wlar lui-même abandonne toute prudence et révèle sa véritable nature. Transcendé par l’envie de plaire à son nouvel ami, il clame haut et fort qu’il l’emmène dans un meilleur endroit, et part cherché sa femme pour sortir avec toute sa bande, sous le regard réprobateur des Seblan qui n’apprécient guère l’irruption du nouveau protagoniste. Wlar monte chercher sa femme, qui parle à Néroisse. Elle refuse de quitter sa situation et affirme que personne ne peut rien pour elle. Wlar l’attrape brutalement et commence à l’emmener. Une altercation commence à avoir lieu entre lui et Néroisse, sous le regard de Méandro.

Tandis que la situation commence à dégénérer et que les gardes se mettent à intervenir, Kérelle voit la scène et, dans un accès de rage, décide de mettre à bas cette pseudo noblesse décadente qui menace les siens. Dans un grognement animal la chiverne gratte le sol et appelle la terre pour qu’elle détruise ses ennemis. Alors que tout le monde panique, la terre se met à trembler et les pierres explosent. Wlar titube et lâche sa femme, ne comprenant pas ce qui se passe. Il ne le sait pas encore mais il est déjà mort. Aussi rapide qu’un éclair, le serpent de l’aspik l’a mordu, le poison se répand dans ses veines, et lorsque la pierre vient fracasser son crâne la vie l’a déjà quitté.

Tout le monde fuit, c’est la débandade. Néroisse attrape Eliviale et saute du balcon, Julia sauve Jerl de la pluie de pierre et s’extirpe de justesse malgré ses blessures, tandis que Méandra est opportunément sauvé par Aymar et sa cavalière. Les survivants fuient la colline et Kérelle sort au milieu des décombres de ce qui fut jadis une des plus belles demeures de Phalène.

Le glas sonne pour elle

Elviale, Jerl, et la plupart des personnages sont sauvés. Ceux encore debout sortent Péhiel qui n’a pas réussi à déployer ses ailes à temps, tandis que les autres aident Elviale et Jerl, qui pleure de joie de savoir sa bien aimée en vie. Mais cette dernière le rejette brutalement et tandis la nuit tombe, son visage disparaît, et des papillons des cendres sortent de ses yeux. Elle l’accuse de l’avoir trahie, violée sur ordre de Wlar, et elle affirme haut et fort que seul le sang de celui qui l’aime sans l’avoir jamais trahie pourra l’arrêter. Elle n’a besoin de personne, ses enfants sont déjà avec elle et l’attendent depuis si longtemps. Puis elle se met à léviter et se dirige d’un pas dansant vers les piliers du collégium ; tandis que des fœtus ailés éclosent des fleurs amères du lierres qui enserrent la ville et que la lune se lève, sa face creuse annonçant le sort qui attend Phalène.

Tout est clair à présent. Elviale est la fille perdue. Ame désespérée ayant appelé l’oubli pour disparaître et danser à jamais à ses côtés, emportant avec elle toute la ville responsable de son malheur. Devant cette nouvelle vision d’horreur Jerl s’effondre en pleure et Méandro tremble à son tour, paralysé par le souvenir de la danse sans fin qu’il a mené avec l’horreur néantique. Terrassé par sa soif d’onde, il ne parvient pas à garder son équilibre et fuit la scène avant d’être dépassé par le fiel. La fratrie est désemparée. Ils ne savent plus quoi faire pour arrêter la fille perdue. Poursuivant une idée folle, Julia commence alors un étrange rituel. Jerl lui avoue tout et jure qu’il est prêt à tout pour effacer ses torts, et tandis qu’elle termine sa prière, les flammes du phénix brule le repentir du jeune garçon, lui permettant de renaître de ses cendres, purifié de tout pêcher.

Il n’y a plus une minute à perdre. Le lierre s’étend plus que jamais et les piliers du collégium menacent de céder. Laïla enfourche sa licorne et fille vers la ville avec Jerl. Les rues s’ouvrent littéralement devant les sabots d’Aymar qui saute de traboule en traboule, soutenu par le souffle perdu de Vernos. Sur place, Jerl réaffirme qu’il est prêt à tout pour elle, dû-t-il en mourir une seconde fois. Une larme à l’œil mais sans férir, la lame licorne de Laïla accomplit sa dernière volonté. La fille perdue rit devant ces fol espoirs. Jerl l’a trahi, il ne peut rien contre elle. Elle s’offre à la lame de Laïla, convaincue qu’elle ne pourra rien. Mais lorsque la lame s’enfonce dans son corps, le glas ne sonne pas pour Phalène. La fille perdue se comprime sur sa blessure et finalement disparaît sans laisser de traces. Quelques instants plus tard, le lierre tombe en poussière sans que personne, hormis une poignée de mimétiques, n’en sache rien.
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Arthur


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MessagePosté le: Mer 7 Fév - 20:27 (2018)    Sujet du message: [Récit] Chroniques des Féals Répondre en citant

Epilogue :

Deux sixtes ont passé. A part Vernos, personne en ville ne se souvient de la fille perdue ou du lierre qui a menacé la Cité. Au début tout le monde a cru qu’un tremblement de terre avait ravagé la cité haute mais rapidement des rumeurs ont parlé d’une chiverne arrivée récemment en ville qui aurait détruit la demeure des Plissordes et enlever un riche prince marchand. Les chevaliers de l’octroi ont ordonné des poursuites pour retrouver la chiverne renégate, et ont menacé dame Sépia de lui retirer son comtat si elle s’opposait aux battus. Dame Sépia a accepté mais a exigé que les battus cessent le temps du carnaval pour ne pas pénaliser ses relations avec Alectre. Les chevaliers ont donc reçu l’ordre de battre la campagne pour empêcher la chimère de fuir. Kérelle a donc dû se cacher en ville, d’autant que les autorités en profitent pour s’attaquer aux étrangers arrivés récemment. Meandro aussi est traqué. Les chimériens ne semblent pas faire le lien entre le mystérieux prince marchand qui a ébloui toute la ville par sa légende, et l’aspik fou qui a massacré toute la place des lampions la nuit du séisme. Peut être même est-ce lui qui a tué le prince marchand ? Après tout, les aspik sont là où il y a des problèmes c’est bien connu. Pendant ce temps une visite des Seblan à Néroisse lui a vite fait comprendre qu’après les événements chez les Plissordes, il n’était plus le bienvenu ici et qu’il devait quitter la communauté avec ses biens au plus vite. Heureusement la magie de Vernos protège les princes des traboules de leurs recherches, et personne ne les trouvera.

A peine sortie de leur confrontation avec le néant, les personnages se retrouvent donc paria d’une ville qui ne veut pas les acclamer comme les héros qu’ils sont. Forcés à se replier sur les seuls à qui ils peuvent faire confiance, ils trouvent leur salut dans le lien avec leur féals. De nouveaux dons mimétiques apparaissent au cours de ces moments et un nouvel espace se créer entre eux. Une enclave qui les protège et les rassemblent. Soudain on entend au loin l’appelle d’une créature maritime gigantesque. Alectre arrive, le carnaval commence. Le message de dame Sépia est clair : profitez du carnaval pour quitter la ville, après elle ne pourra rien pour vous.
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Arthur


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MessagePosté le: Jeu 15 Fév - 15:30 (2018)    Sujet du message: [Récit] Chroniques des Féals Répondre en citant

Vers Alectre
Alectre est un colosse de plus de 4 km de long. Arrivé près des côtes de Phalène pour la grande foire du livre, le gigantesque monstre marin entre dans l’estuaire du Fonor. En raison de sa taille titanesque, le féal marin ne peut pas vraiment accoster au port mais reste au large, obligeant les voyageurs à emprunter une embarcation pour le rejoindre. Les tarasques filles, plus petites, s’aventurent donc dans les méandres marécageux de l’estuaire au milieu des barges de pêcheurs pour rejoindre Phalène et transporter les articles vers la foire. Les Taraséens sont des êtres cordiaux et accueillants mais se révèlent complexes. Nombreux sont ceux qui portent un masque en forme d’animal marin pour masquer son individualité et se rapprocher de la cohérence. Les chimériens se prêtent au jeu, abordant à leur tour une grande variété de masques d’animaux et se parant de leurs plus beaux atours. La foire commerciale se transforme rapidement en un véritable carnaval où les phalénois peuvent oublier les évènements récents et ne pensent plus qu’à faire la fête

Sur Alectre, le paysage urbain est d’une grande beauté et d’un exotisme incroyable. On trouve de nombreuses boutiques où toutes les marchandises du M’Onde se vendent et s’échangent. L’effervescence des lieux et des senteurs, le style architectural atypique et l’omniprésence d’un féal des Origines sont un dépaysement profond. Les maisons en corail aux fenêtres membraneuses, les animaux de bât atypiques (tortues géantes, raies manta, dugongs…), les tours en forme de corolle, les rues écailleuses d’où se dégagent une chaleur moite, tout cela fait de d’un voyage sur une Tarasque comme Alectre une expérience unique. A l’inverse, pénétrer à l’intérieur une Tarasque est un tabou, considéré l’un des pires crimes pour un étranger. Les Taraséens sont obsédés par l’idée de protéger cet espace qu’ils considèrent comme sacré. Seuls les timoniers et les mimétiques sur le chemin de l’initiation sont habilités à entrer dans les profondeurs d’Alectre pour communier avec le leviathan et alimenter la cohérence

Les parentèles

La vie à l’intérieur d’une tarasque est marquée par ces communautés, sortes de familles élargies de marchands-philosophes. Chacune d’entre elle cherche à exceller dans un domaine qui lui est propre, participant ainsi à la cohérence du tout autour de débats et de compétitions permanentes. Alectre compte 635 parentèles différentes, les plus grosses d’entre elles pouvant atteindre plusieurs centaines de membres. Le rassemblement de l’ensemble des chefs de parentèle forme le sénat d’Alectre où, après de longs débats et discussions sous le conseil avisé des timoniers, se prennent toutes les décisions. Bien qu’elles soient toutes égales à l’assemblée, certaines ont su gagner une place prépondérante dans la vie politique taraséenne

* Les requins écarlates sont une parentèle mercenaire dirigée par Ipaïos, un jeune numistate à la réputation sulfureuse. Ses exploits sont tels qu’il a réussi à se faire une place au sénat de façon fulgurante, au grand dam de certains. On raconte qu’il aurait trouvé le trident de l’ancien archonte d’Alerne pour l’offrir aux timoniers d’Alectre. Partout où il va, il entraîne avec lui sa parentèle composé de jeunes casse-cous prêts à tout pour le suivre

* Irina, la pythie des plaisirs, est la fille du vieux pétulant Moeshail le superbe. Elle dirige les courtisanes sacrées d’Alectre, véritable institution connue dans le M’onde entier. Depuis la mort de son père, Irina officie pour le bien-être de sa communauté et veille, à sa mesure, sur la cohérence de la Tarasque. Jouissant d’une notoriété qui la rend quelque peu mégalomane, ses oracles sont toujours pris très sérieusement par toute l’assemblée des parentèles

* Les sophistes de Théostase le doré sont l’une des plus vieilles parentèles d’Alectre. Dans un monde clos où la rhétorique joue un rôle essentiel, Théostase apprend l’art de convaincre et de manipuler son auditoire. De nombreux taraséens sont passé un jour ou l’autre par son école de rhétorique. Ses connaissances sur les arcanes juridiques des peuples du M’Onde en ont fait une véritable sommité, et on raconte que certains grifféens n’auraient pas hésité à profiter de ses conseils

* Les siréniens sont la parentèle la plus nombreuse d’Alectre, avec plus de deux-cents membres. Particulièrement ouverte envers les étrangers, elle se compose d’artistes et d’artisans spécialisés venus des quatre coins du M’Onde. Enlumineurs, joailliers, et surtout architectes du corail forment le gros de ses membres. Le maître de la parentèle est d’ailleurs un pégasin du nom d’Egron à la peau d’un bleu turquoise délavé, véritable symbole l’influence physique d’une Tarasque sur un étranger, à terme. La parentèle comporte plusieurs numistates qui sont les seuls autorisés à frapper l’ivoire du sceaux d’Alectre

* Les poissons-globes de Seipur forment une parentèle d’esthète et de voleurs notoires. Dans cet univers de cohérence et de marchandage, ils se donnent un rôle assez spécial, celui de rappeler à tous ses membres que la propriété n’est jamais définitive. Quand quelqu’un commence à attacher trop d’importance aux biens matériels au détriment de ses propres talents, il n’est pas rare qu’il reçoive une petite visite des poissons-globes… qui se feront un plaisir de lui revendre contre un bon prix. Depuis l’exil de Néroisse, des rumeurs circulent néanmoins sur la corruption de la parentèle par les Val’zogroth.

* Médalie, est la cheffe des Noyés, la communauté de charognards qui s’est installée sur les flancs d’Alectre. Ancylienne morte de maladie avant la destruction de sa tarasque par la charogne, sa peau est restée étonnement pure, malgré la maladie et le sel de la mer. Véritable symbole pour les Outre-nés qui œuvrent pour un rapprochement entre les vivants et les non-morts, elle est probablement la seule chose qui empêche les Edkidoï de se jeter sur les tours noirs

* Les Edkidoï sont les guerriers survivants d’Ancyle, détruite pendant la guerre des cendres. Ils sont menés par le puissant Péléaste, vétéran rendu aveugle lors du conflit qui ne voit plus le M’onde que par l’intermédiaire des coquillages symbiotiques qu’il porte sur le visage. Les Edkidoï ont juré de retrouver la carcasse de leur féals détenue par la charogne et d’offrir ses tapisseries à leur nouveau foyer

Le Timon n’est pas une parentèle à proprement parler, mais exerce la réalité du pouvoir sur Alectre. Composé des plus puissants numiscate d’Alectre, les timoniers sont chargés d’apaiser leur tarasque en lui transmettant onde et pensées, leur permettant de guider le féal à travers les mers pour y apporter la cohérence. Ils sont également chargés d’extraire l’ivoire qui servira d’étalon des échanges commerciaux aux nations du M’onde

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Arthur


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MessagePosté le: Ven 30 Mar - 11:43 (2018)    Sujet du message: [Récit] Chroniques des Féals Répondre en citant

Alectre

Grandement facilité par la parentèle des siréniens, l’accueil à Alectre est une source d’enrichissement pour la fratrie. Les Taraséens se montrent fort courtois. On propose aux personnages le port du masque, une tradition sur Alectre, et leurs hôtes leurs montrent tous les aspects de la vie sur une Tarasque. Pourtant, après quelques jours de voyage, les premiers signes que quelque chose ne va pas apparaissent. Le comportement du féals, si placide habituellement, commence à montrer des signes d’agacement, son chant se trouble et des secousses se font ressentir. La population devient anxieuse, les autorités tendues - tout le monde craint que la cohérence ne vole en éclats. Parallèlement, le groupe se trouve pris à partie par plusieurs Taraséens. Ils veulent tout, tout de suite, et n’accepte pas la moindre contrariété, prêt à sortir la lame au moindre moment. Lorsqu’ils passent à l’action, le fiel est dans leur regard et la scène se transforme rapidement en bain de sang. Après examen, il semble qu’ils fassent tous partie de la parentèle des requins écarlates, et possèdent par ailleurs contrat signé de la main d’une grifféenne et mentionnant un étrange coffre.

Soudain, Alectre s’esbroufe, déclenchant un véritable raz de marée dans la Cité. Un tel événement n’était pas arrivé depuis des décennies. Aussitôt des mesures sont prises : les Timoniers rassemblent toutes leurs forces pour contenir l’esprit perturbé d’Alectre. Afin de limiter les risques, on décide l’arrêt momentané du voyage, la Tarasque ne faisant plus que se maintenir dans les courants. Malgré toutes les tentatives d’apaisement, la dissension émerge petit à petit entre les parentèles et l’organisation d’habitude si bien huilée des instances dirigeantes d’Alectre devient moins efficace.

La fratrie, ayant échappé de peu au tsunami, se rassemble dans le palais qui a été mis à leur disposition par les siréniens. Ils reçoivent alors l’invitation d’Irina, la pythie des plaisirs. Cette dernière a entendu parler du retour de Néroisse et connait bien ses talents de Pétulant. Elle a senti la douleur d’Alectre et souhaite comprendre ce qui se passe. Des élixirs et des poudres hallucinogènes circulent de main en main, apportant une dimension quasi-mystique à la fête : certains groupes commencent à psalmodier des sortes de prières alors que d’autres plongent dans une transe qui semble contagieuse. C’est le moment que l’on choisit pour faire entrer les artistes-prostituées et pratiquants de l’arnule choisis par Irina. Le spectacle livré par ces artistes hors normes finit d’embraser la soirée. Les invités les plus fébriles se lancent alors dans une communion charnelle sans aucune retenue. Chacun se laisse glisser dans ce rituel orgiaque mené par Néroisse en permanence. Bientôt leurs esprits fusionnent avec celui d’Alectre et ils observent ce qui se passe à l’intérieur de la Tarasque.


Dans les profondeurs

Néroisse parvient à entrer en communion avec le féals et remarque un groupe procédant à un étrange rituel prêt de sa colonne vertébrale. Ils psalmodient prêt d’un amas d’ivoire qu’un numismate charognard cherche à faire fusionner avec l’ivoire du colosse et déverser son fiel à travers lui. Il est temps d'agir. Néroisse, toujours connecté à la Tarasque, ouvre un passage dans ses entrailles pour que ses compagnons puissent s'y rendre, tandis qu'Irina leur confie des symbiotes pour qu'ils puissent respirer pendant leur périple. Le chemin est parcouru de danger et ils doivent se frayer un chemin au milieu des vaisseaux sanguins et des humeurs poisseuses du monstrueux Léviathan. Mais au terme du voyage, ils parviennent enfin à interrompre le rituel

Très vite le combat s’engage. Le numismate est tranché en deux par Néroisse, mais le reste des ritualistes continuent à combattre, agressant violemment leurs opposants. La carcasse tranchée en deux du charognard rampe péniblement dans les entrailles d’Alectre mais parvient à ouvrir un passage dans le corps du féals d’où sortent deux Edkidoï lourdement armés. Ils ont tous les deux l’air blessés et l’un deux porte des œufs fossilisés comme un véritable trésor. L’affrontement redouble d’ardeur avec l’arrivée de ces deux guerriers, mais les personnages parviennent à les repousser au prix de violents efforts, quand soudain, déboule une troupe de tritons accompagnés de numismates et de Médalie, la cheffe des noyés. Face à cette troupe d’élite, les insurgés sont vite matés, et les personnages ramenés sans ménagement à la surface, malgré leurs blessures.
 

Les réponses aux questions

Heureusement, ils sont parvenus à garder un des ritualistes en vie. La magie des numismates et les informations du chef des requins écarlates, leur permet de mieux comprendre les choses. Les ritualistes viennent d’Alerne, recruté par un numismate charognard du nom de Veclilos. Ce dernier a fait alliance avec un membre des Crocs de Sorg du nom de T'Shan. Leur projet, avec l’aide des Edkidoï souhaitant redonner vie à Ancyle, était de déverser le fiel dans les Tarasques via des pièces d’ivoire corrompues. Mais pour accomplir à bien son objectif, Veclilos avait besoin de la primivoire, la première pièce créé par les taraséens et dont la magie résonne à travers toutes les pièces d’ivoire créés par la suite. Or cette dernière a été volée par les grifféens il y a des siècles et perdus depuis la guerre des cendres. Avec l’aide d’une mercantile grifféene du nom de Laëna, les deux compères sont parvenus à mettre la main sur la primivoire, protégée dans un monastère caladréen perdu au milieu des montagnes grifféennes. En embauchant les requins écarlates, l’objectif de cette dernière était double : obtenir la primivoire pour détruire le commerce taraséen, et récompenser la guilde de mercenaire avec des pièces d’ivoire corrompues par le fiel.

L'action des personnages ayant permis de sauver Alectre, les timoniers ne les ont pas condamnés au sort habituellement réservé à ceux qui enfreignent le tabou des profondeurs, mais les ont déporté sur une côte de chimérie, tout prêt d'un hospice caladrien. Seul Néroisse, considérablement affaibli par son combat est finalement resté sur la Tarasque, restant au contact de ses frères par le biais de l'enclave.
 
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:37 (2018)    Sujet du message: [Récit] Chroniques des Féals

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